Incertains Regards

Section Théâtre Aix-Marseille Université


Projet de recherche | Axe "Espaces Critiques"

mercredi 12 mars 2014


Présentation du programme de recherche mené dans le cadre du LESA, sous la direction de Yannick Butel, avec les enseignants chercheurs du secteur Théâtre, Médiation culturelle des Arts, et des autres secteur du Départements des Arts d’Aix-Marseille Université.


Axe : « Espaces critiques : dimensions géopolitiques des productions artistiques et des discours sur l’art »

Responsables : Yannick Butel

L’axe « Espaces critiques : dimensions géopolitiques des productions artistiques et des discours sur l’art » s’inscrit dans les activités de recherche du LESA, EA 3274, spécialisé dans l’étude des théories, des pratiques et de la médiation des arts contemporains et actuels.

Il réunit trois programmes, établis pour trois années (2015-2017) :

- Programme 1 : « Géoartistique et géopolitique. Créations, transferts et médiations » (responsables : Fabien Faure et Evelyne Toussaint), ayant pour objet l’étude de productions artistiques contemporaines témoignant de l’intérêt des créateurs pour des questionnements portant sur des concepts interrogés par la théorie aujourd’hui : identité, autochtonie, interculturalité, métissage, cosmopolitisme, frontières.

- Programme 2 : « Art, mutations sociétales et subjectivités en Méditerranée » (responsable : Gilles Suzanne), ayant pour objectif la création d’un observatoire méditerranéen des arts et mutations sociétales, visant à recenser, comprendre et documenter les modalités selon lesquelles les arts, leurs acteurs, les espaces culturels et les pratiques qui leur sont liées participent du profond bouleversement sociétal en cours dans l’espace euro et arabo-méditerranéen.

- Programme 3 : « Modes de production de la pensée et du discours critique » (responsable : Yannick Butel), interrogeant les déterminismes qu’exercent les théories esthétiques sur la construction du discours critique.

Chacun des programmes fonctionne selon des modalités interdisciplinaires, associant (arts plastiques, arts de la scène, médiation culturelle, musique, études cinématographiques) et intersectorielles (anthropologie, sociologie, histoire de l’art).

Conçus en étroit partenariat avec le monde universitaire, institutionnel et culturel, en France et à l’international, les programmes de cet axe associent à leurs actions (journées d’étude, colloques, événements...) les doctorants de l’Equipe d’Accueil, dans le cadre de leur formation par la recherche.


Programme 1 : Géoartistique et géopolitique. Créations, transferts et médiations

— Responsables : Fabien Faure Evelyne Toussaint
— Comité scientifique : Jean-Roch Bouiller (MuCEM) Aude Fanlo (MuCEM) Fabien Faure (AMU), Zahia Rahmani (INHA) Evelyne Toussaint (AMU)

Argumentation scientifique :
Ce programme, associant au Laboratoire d’Études en Sciences des Arts (LESA, EA 3274), le MuCEM (Département Recherche et Pédagogie et Département Art contemporain), a pour objet l’étude de productions artistiques contemporaines témoignant de l’intérêt des créateurs pour des questionnements portant sur des concepts interrogés par la théorie aujourd’hui : identité, autochtonie, interculturalité, métissage, cosmopolitisme, frontières.
Les ancrages théoriques privilégiés s’inscrivent dans deux champs de recherche, les études postcoloniales et les écrits sur l’art.

Études postcoloniales
Ces concepts et notions sont au fondement du courant intellectuel originairement anglophone, multidisciplinaire, que l’on désigne par postcolonial studies ou études postcoloniales, « somme complexe de théories, méthodes, projets politiques et positions épistémologiques » (Maxime Cervulle, « Préface », in Stuart Hall, 2007, p. 9).
On pensera, avec Stuart Hall, le « postcolonial » en tant que mouvement intellectuel, « épistémè en formation », dont le préfixe post ne qualifierait pas une temporalité : « Il ne va pas seulement “après” mais “au-delà” du colonial, comme le postmodernisme va à la fois après et au-delà du modernisme, et que le poststructuralisme suit chronologiquement le structuralisme, en même temps qu’il réalise “sur son dos” ses gains théoriques » (Stuart Hall, 2007, p. 283 et 281).
Il ne s’agit donc pas d’études de l’après colonialisme, mais de la sortie des représentations véhiculées par l’hégémonie occidentale. On considérera donc, en suivant la position de Marie-Claude Smouts, que le terme postcolonial exprime « une résistance, une visée et une espérance : résistance aux représentations étouffantes de l’Autre comme semblable mais inférieur ; visée de repenser les expériences historiques fondées sur la domination pour les reformuler en une histoire partagée ; espérance d’une reconnaissance réciproque redonnant à chacun son histoire, sa culture et sa dignité » (Marie-Claude Smouts, 2007, p. 32-33).
À l’intérieur de ce courant, des auteurs éminents (Edward Said, Stuart Hall, Homi Bhabha, Achille Mbembe) ont affirmé leur intérêt pour l’art contemporain. Stuart Hall affirme ainsi que « les langages politiques doivent puiser à des sources artistiques et culturelles plus profondes, et que, pour ce faire, il faut prêter attention à ce que nous disent les artistes » (Stuart Hall, 2007, p. 89-90).
De nombreux artistes actuels, parmi lesquels certains ont vécu l’expérience de l’exil ou de la migration, du multilinguisme, de l’interculturalité, allient dans leur pratique politique et poétique, documentaire et imaginaire, image et discours, les œuvres d’art abordant la réalité du monde avec une posture décalée sollicitant du spectateur une expérience esthétique impliquant la sensibilité et la pensée.

Écrits sur l’art
Historiens de l’art, conservateurs, commissaires d’expositions, critiques d’art, esthéticiens et artistes ont pour leur part entrepris, tout particulièrement depuis les années 1980, de renouveler les modalités de l’écriture sur l’art en adoptant, sous l’angle historiographique et épistémologique (Éric Michaud), des positions moins « internalistes », ouvertes à la théorie et à l’écoute de la parole des artistes. Le statut de l’image (au sens large du terme) s’en trouve reconsidéré, non sous un angle ontologique mais en fonction de celui que lui confèrent l’auteur, le regardeur et le théoricien.
De même, l’esthétique ne se définit plus comme une science du beau mais comme une science des réflexions sur l’art, incluant une réflexion sur les jugements de goût, les processus de création et ceux d’appréciation des œuvres, y compris selon des approches cognitivistes.

Actions et durée du programme :
Les actions, donnant lieu à publication, seront conduites en trois temps sur trois années. Deux journées d’études (en 2015 et en 2016) permettront d’actualiser l’état de la question et d’ouvrir de nouvelles perspectives de recherche. Elles seront suivies d’un grand colloque en 2017, d’envergure internationale, multidisciplinaire.

Les intitulés en sont les suivants :
• Journée d’étude « Les autochtonies internationalistes dans l’art contemporain. Héritages, déplacements, inventions » en 2015.
• Journée d’étude « Figures du déplacement : migrations, exils, retours » en 2016.
• Colloque « Géoartistique et géopolitique. Créations, transferts et médiations » en 2017.
Partenariats (autres labos AMU, autres universités, institutions, personnalités...) :
MuCEM, Aude Fanlo, département Recherche et Pédagogie, Jean-Roch Bouiller, Conservateur, département Art contemporain
INHA, Axe Mondialisation, Zahia Rahmani
Université Paris 7, Catherine Coquio, CERILAC
Université Paris 8, Éric Bonnet, EPHA Université Paris 1, Jacinto Lageira, UMR ACTE Université de Tunis, Rachida Triki Partenariats AMU envisagés : AMU/TELEMME
AMU/CIELAM

Formation/recherche :
Les deux journées d’étude et le colloque adosseront la pédagogie à la recherche. Ces rencontres s’inscriront dans les programmes du séminaire de l’École doctorale 354 et des Masters du département Arts d’Aix-Marseille Université.
Les étudiants pourront être y être associés, tant sous l’angle scientifique (sensibilisation aux problématiques, recherche documentaire...), qu’en ce qui concerne la dimension professionnalisante de l’organisation des manifestations et de l’enregistrement des communications et de l’entretien avec des artistes.

Les programmes de la deuxième journée d’étude et du colloque seront précisés en fonction de l’avancement des travaux de 2015. Seul l’argumentaire détaillé de la première journée d’étude sera donc présenté ici,

Journée d’étude « Les autochtonies internationalistes dans l’art contemporain. Héritages, déplacements, inventions » en mai 2015.
Un peu partout dans le monde, des peuples se revendiquent « autochtones » et l’Organisation des Nations Unies a déclaré la période 2005-2015 « Décennie internationale des populations autochtones ». La définition de l’autochtonie est cependant complexe. Les critères d’appartenance (géographiques, ethniques, législatifs, relatifs à l’ordre des migrations, à des éléments symboliques ou historiques, à des fonctionnements de réseaux...) varient en fonction des contextes et des rapports de force. Il existe donc, de fait, une certaine « plasticité » de l’autochtonie (Stuart Hall, 2007 ; Mathieu Hilgers, 2011). Le concept lui-même n’est pas exempt d’ambiguïtés.
Si le désir d’instaurer des solidarités est à l’origine de la reconnaissance et de la valorisation de l’autochtonie, le processus peut en effet basculer dans la ségrégation, la ghettoïsation, les crispations et les dérives identitaires. L’autochtonie serait alors un concept flottant, inutile, voire dangereux, chargé de stratégies de reterritorialisations archaïques que dénonçaient Gilles Deleuze et Félix Guattari se défiant, dans Capitalisme et schizophrénie. L’anti Œdipe, des « reterritorialisations perverses », des « néo-territorialités [...] artificielles, résiduelles, archaïques », pouvant tout aussi bien « nourrir un fascisme moderne que dégager une charge révolutionnaire » (Gilles Deleuze et Félix Guattari, 1972, p. 306-307). Psychanalystes, historiens et anthropologues (Voir ci-dessous État de la question) ont mis en évidence la part mythique d’un concept ayant pour soubassement le fantasme de la Terre Mère, reflet d’une conception essentialiste qui ne s’annonce pas comme telle.
Quant à l’idéalisation de l’autochtonie dont témoigne l’idée qu’elle serait à même de réenchanter le monde, ne serait-ce pas se défaire à moindres frais de nos responsabilités politiques, écologiques, économiques et éthiques ? C’est selon un point de vue critique qu’Achille Mbembe retrace l’impact, sur « l’imaginaire autochtone » des Africains eux-mêmes, de l’importation « des objets religieux et sacrés, des objets érotiques et esthétiques, des objets de valeur commerciale, des objets techniques et talismaniques », quand « tout était susceptible de trouver une place dans l’économie de l’enchantement et des charmes » (Achille Mbembe, 2013, p. 170-171) .
Edward Said a rappelé qu’il y a de l’imaginaire dans la géographie et l’histoire (Edward Said, [1978], 2005, p. 71), Arjun Appadurai que le local est un processus (Arjun Appadurai, 2005 [1996, 1ère éd. française, 2001], p. 71), Benedict Anderson que la nation est une « communauté imaginée » (Benedict Anderson, 1996.), Salman Rushdie que les lieux d’origines sont des « patries imaginaires, invisibles, des Indes de l’esprit » (Salman Rushdie, [1ère éd, 1991], 1993, p. 20.).
Les enjeux de cette question, en un inévitable enchevêtrement, sont donc d’ordre idéologique, politique et économique, la problématique identitaire occupant une place centrale (Irène Bellier, 2013) mais ils sont également, et ce sera l’enjeu de nos recherches, d’ordre esthétique, les productions artistiques s’inscrivant dans une histoire symbolique et formelle.
Les artistes, par leur formation, leurs déplacements, la circulation des publications ou Internet, ont accès à l’espace mondial de création et de diffusion des œuvres. L’hétérogénéité géographique de la création contemporaine est redoublée par une multiplicité de partis-pris artistiques, de statuts et de fonctions des œuvres dans le contexte actuel de l’hyper-mondialisation, comme en rendait compte la Triennale 2012, « Intense proximité », sous le commissariat d’Okwui Enwezor. Ils sont de plus en plus nombreux à revendiquer leur attachement à une ou des cultures « d’origine » et défendent leur singularité en tant que résistance aux injonctions d’un système marchand mondial imposant ses critères. En quoi cela participe-t-il à leur production artistique ? Pourquoi revendiquent-ils l’idée d’« autochtonie » ? Pourquoi d’autres s’y opposent-ils, se réclamant d’un internationalisme déconnecté des appartenances ?
Interroger, sous l’angle de l’autochtonie, les œuvres d’artistes témoignant de leur vision du monde en abordant les grandes problématiques contemporaines, permet d’envisager sous un nouvel angle théorique la création actuelle.
La question, le corpus théorique et le corpus d’artistes étudiés ne s’inscriront pas dans un courant de préservation de formes traditionnelles (contes, musiques, rituels, objets sculptés, peinture...), en marge des grandes productions de l’art contemporain globalisé, mais dans l’optique d’un art autochtone internationaliste. Cet oxymore annonce à la fois un ancrage dans de justes revendications d’ordre artistique, juridique, historique, sociologique, politique, économique, symbolique et éthique, mais également une appartenance à l’actualité de la création et à la construction de nouvelles expériences artistiques. Il s’agit donc de déconstruire aussi bien les lectures universalistes que ‘localistes’, en nous attachant à des productions artistiques pouvant utiliser des formes, matériaux et processus « hérités », mais témoignant, dans le même temps de la parfaite connaissance des artistes de l’art contemporain international, dans sa double dimension critique et poétique, dans le cadre de ce qu’Achille Mbembe appelle un monde heureusement multiculturel et hétérogène, fondé « non seulement sur une éthique de la rencontre, mais également sur le partage des singularités » (Achille Mbembe, ([2010], 2013, p. 119).
La position épistémologique de ce programme de recherche se fondera enfin sur le point de vue défendu par Homi Bhabha, suggérant de prendre « l’hybridité culturelle et historique du monde postcolonial [...] comme point de départ paradigmatique » (Homi Bhabha, ([1994], 2007 p. 49 et p. 58).
La journée d’étude se conclura par la rencontre, sous forme de conférence-entretien, avec l’artiste Walid Raad. L’enregistrement en sera diffusé sur les sites d’AMU et du MuCEM.


Programme 2 : Observatoire Méditerranéen. Arts et mutations sociétales

— Nom du responsable : Gilles Suzanne

Argumentation scientifique :

— Mots clés :
Observatoire, Interdisciplinaire, Méditerranée, Art, Sociétés

— Résumé du projet :
L’Observatoire méditerranéen Arts et mutations sociétales repose sur une coopération inter- régionale, de dimension euro-méditerranéenne. Il prend la forme d’un groupe scientifique pluridisciplinaire (science des arts, sciences politiques, sociologie, anthropologie) composé de chercheurs expérimentés et spécialisés dans le champ des arts, de l’étude des phénomènes de mondialisation et de globalisation culturelle. Ce réseau de laboratoires de recherche, actifs sur les plans académiques (master binational entre l’AMU et l’USJ, AMU/Universität Hildesheim...) et scientifiques (différents séminaires, colloques et publications passés et en cours entre les laboratoires), propose, qui plus est, de s’ouvrir, dans une dynamique pluridisciplinaire et interprofessionnelle, au monde professionnel de l’art et de la culture en s’associant à la plateforme RAMI-MED (Rencontres Arts et Multimédia Internationales) et, à travers celle-ci, à de nombreux artistes et acteurs culturels en Méditerranée. Son action s’établit entre la France, différents pays de l’espace méditerranéen, le nord de l’Europe, et s’ouvre, par ailleurs, à l’échelle de l’Afrique Subsaharienne.
L’Observatoire méditerranéen Arts et mutations sociétales prend l’aspect d’une plateforme en ligne d’échange, de capitalisation et de valorisation des productions du réseau (séminaires, ateliers, publications croisant théorie et pratique, chercheurs et acteurs professionnels de la culture et des arts) en s’appuyant sur le site RAMI-MED (cf. http://ramimed.com) et le réseau de diplômes de master recherche impliqués (AMU, USJ, Universität Hildesheim...). Ces modalités de production et cet espace de mise en commun, vise à soutenir la production interculturelle de connaissances, au croisement de ces mondes scientifiques, culturels et artistiques, mais aussi au carrefour de diverses cultures scientifiques et académiques, principalement entre Mashreck, Maghreb et Europe pour encourager l’implication et l’intégration d’universités, de laboratoires et d’acteurs de la société civile dans le développement d’actions de recherche et de formation, de sensibilisation et d’information, de mise en réseau et de coopération, aux niveaux régional et international.
Dans le contexte actuel de profonde mutation, sociétale et culturelle, institutionnelle et politique, mais également technologique, quand ce n’est pas de guerre civile, militaire ou commerciale, du monde méditerranéen, l’Observatoire méditerranéen Arts et mutations sociétales se donne pour objectif de favoriser la circulation et le transfert de connaissances, entre mondes scientifiques, académiques et professionnels des arts et de la culture. Il fournira un outil pertinent de suivi des évolutions des formes esthétiques (formes émergentes de l’art), sociétales (dynamiques locales et transnationales des réseaux d’acteurs), culturelles (interculturalité, représentations collectives et des modes de vie), et institutionnelles (mutations des cadres économiques, politiques et idéologiques) de la création artistique contemporaine dans l’espace euro et arabo-méditerranéen, voire, par extension, subsaharien.
L’observatoire méditerranéen Arts et mutations sociétales se donne pour finalité de comprendre, de suivre et de documenter les modalités selon lesquelles les arts, leurs acteurs, les espaces culturels et les pratiques sociétales qui leur sont liées, participent du profond bouleversement sociétal en cours dans l’espace euro et arabo-méditerranéen, mais y jouent également un rôle de régénération des arts et des sociétés.
À termes, un tel observatoire répond à quatre types de motivations.
 Il représente une modalité concrète de mise en rapports et de coordination de compétences et de connaissances en matière de développement artistique et culturel dans l’espace méditerranéen.
Il se propose comme un lieu de suivi et d’interrogation des évolutions, dans le domaine artistique, des pratiques de la création contemporaine, mais également de leur rapport aux pratiques sociétales et culturelles, institutionnelles et politiques.
 Il sert de lieu d’élaboration de politiques et d’actions culturelles basées sur une expertise pluridisciplinaire, interprofessionnelle et interculturelle.
Il s’affirme comme un lieu et une modalité, d’une part, de recueil et d’analyse critique, et, d’autre part, de conservation et de diffusion de connaissances et d’informations sur l’actualité et le développement artistique et culturel dans l’espace méditerranéen.

— Partenariats.
Ce programme vise au recoupement de réseaux existants.
Tissés à partir d’Aix-Marseille Université :
1) Universität Hildesheim / Institut für Kulturpolitik – Unesco chair Cultural policy for the arts in development, Pr Dr Wolfgang Schneider & Dr Daniel Gad
2) Université Saint Joseph / Institut d’Études Scéniques, Audiovisuelles et Cinématographique, Beyrouth, Dr Elie Yazbek.
3) Université de Mostaganem, Mostaganem / Unité de recherche sur la culture, la communication, les langues, les littératures et les arts, Oran – Pr Hadj Miliani.
4) URMIS-IRD, Paris / Université Paris VII, CR Nicolas Puig.
Tissés à partir de l’Universität Hildesheim :
1) University Hassan II, Casablanca, Marocco, NN.
2) Bilgi University, Istanbul, Turkey, Pr Serhan Ada
3) Warwick University, Center for Cultural Policy, Conventry, United Kingdom, Pr Jonathan Vickery 4) University of the Arts, Belgrade, Serbia, UNESCO Chair, Pr Milena Dragicevic Sesic
5) Tshwane University of Technology, Pretoria, South Africa, Pr Mzo Sirayi
6) University of Dar es Salaam, Dar es Salaam, Turkey, Pr Mitchel Strumpf

Partenariats en cours avec le monde professionnel des arts et de la culture : 1) Faculté des Beaux arts d’Alexandrie.
2) École supérieure d’art d’Aix-en-Provence
3) École supérieure d’art en Avignon
4) Ker Thiossane, Dakar
5) Studio Emad Eddine, Le Caire
6) Association Tamam, Avignon
7) Réseau Tamassi (Amman, Beyrouth, Le Caire, Alexandrie)
8) Académie des Beaux-Arts Libanaise, Université Alba, Beyrouth. 9) Goethe Institute, Marseille, Le Caire.
10) European Network of Cultural Policy Research, Bruxelles
11) Arterial network, Cape Town
12) Arab Cultural Policy Group, Al Mawred Al Taqhafy, Cairo
13) African Arts and Culture Index, partner : Arterial Network, Cape Town 14) Observatory on Cultural Policy in Africa, Maputo
15) Al Mawred Al Taqhafy, Cairo

— Articulation formation/recherche
Ce programme de recherche est ouvert à tous les doctorants/es dont les travaux s’inscrivent dans l’optique épistémologique défendue et qui concerne les aires culturelles visées. Il correspond par ailleurs au développement du parcours recherche « nouveaux espaces européens et méditerranéens de l’art » du master Arts, ainsi qu’au Phd Tack franco-allemand (Ufa/DFH) en médiation culturelle de l’art.
Actions qui seront conduites

L’organisation de ce programme articule 3 phases.
— Phase 1 :
- Phase de composition d’un groupe de pilotage mixte composé de chercheurs et d’acteurs culturels et artistiques.
- Cycle de réunions du groupe de pilotage pour coordonner la mise en place d’un réseau élargi de chercheurs et d’acteurs culturels et artistiques.
- Organisation d’un cycle de deux ateliers thématiques dans le but de structurer les axes problématiques de l’observatoire :
- Arts et formes critiques et contemporaines de la création artistique contemporaine. - Création artistique, territoires existentiels et nouvelles formes de subjectivité.
— Phase 2 :
- Cycle d’ateliers de travail, 2 journées d’étude, des groupes de travail élargis en fonction des axes problématiques de l’observatoire :
- Arts, villes, mobilités et mondialisations.
- Création artistique, citoyennetés, mobilisations sociétales et culturelles, espace public transnational.
— Phase 3 :
- Élaboration de l’observatoire sous la forme d’une plateforme en ligne
- Élaboration des outils numériques de conservation, de mise à disposition et de valorisation.
- Constitution des bases de données et de documentation.
- Forum de synthèse
- Publication en ligne

— Durée du programme. 3 ans


Programme 3 : Le stade critique. Études des modes de production de la pensée et du discours critique

- Programme de recherche des laboratoires LESA Aix-Marseille/PASSAGES 20-21 Lyon 2 2015- 2017

Pour autant que le programme inter-labos est à l’initiative de chercheurs en études théâtrales, la complexité des arts scéniques (dispositifs, formes hybrides...) invite à parler davantage de théâtralités, voire de scénographie, où les régimes poétiques et esthétiques sont loin des représentations classiques qui induisent l’interdisciplinarité et la transversalité.
Le programme est donc ouvert aux chercheurs de toutes les disciplines en arts, mais également les chercheurs et doctorants d’autres disciplines (physique, biologie, informatique, etc.).
Les étudiants de l’Ecole Doctorale 354 sont donc invités à suivre et participer à ce programme.

Coordinateurs du programme et responsables scientifiques LESA :
Yannick Butel, université d’Aix Marseille, Laboratoire LESA
Université Lyon 2 :
Olivier Neveux, université de Lyon 2, Laboratoire Passages 20-21,

Participants
Les enseignants-chercheurs et les doctorants des deux laboratoires, et les doctorants d’autres disciplines susceptibles d’être intéressés.

Les enseignants-chercheurs et les structures partenaires :
Christophe Bident, Professeur des universités, université de Picardie (équipe CRAE), Christophe Triau, Maître de conférences, université Paris-Ouest Nanterre (équipe HAR) Sabine Quiriconi, Maître de conférences, université de Paris-Ouest Nanterre (équipe HAR)
Le professeur Wolfgang Schneider, université d’Hildesheim/chair Unesco, dans le cadre du PHD Track, et les programmes de recherches entre le collège doctoral d’Hildesheim et le Lesa Le professeur José Da Costa, université Unirio, dans le cadre de l’accord Capes-cofecub qui lie l’université de Picardie Jules Vernes d’Amiens, l’université de Nanterre et l’université d’Aix- Marseille.
Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT), Lyon.
Ecole supérieure d’Art Dramatique de la Comédie de Saint-Etienne – Centre Dramatique National.
Ecole Régionale d’Acteur de Cannes (ERAC).
Formation avancée et itinérante des Arts de la rue (FAIAR), Marseille.
Le Théâtre Antoine Vitez, Aix-En-Provence.

Par ailleurs, les responsables du programme s’accordent pour que leur activité soit en prise avec la réalité des arts de la scène aujourd’hui.
Dans cette perspective, la recherche de partenariats scientifiques et logistiques – avec des structures professionnelles et culturelles : théâtres, écoles d’arts... – est jugée essentielle.
À l’exemple de l’IMERA1, de l’ISTS, de la Friche Belle de Mai, de Montevideo (Actoral), théâtre de la Minoterie, le Théâtre Nono...

Concernant Avignon, Olivier Neveux et Yannick Butel envisagent de solliciter l’université d’Avignon et son président Emmanuel Ethis afin de poser les bases d’une collaboration ponctuelle qui pourrait aboutir à un “temps fort” pendant la période du festival.

Argumentation scientifique
L’apparition du discours critique est consécutive du développement de la presse et de la construction d’une « critique de goût » au XIXe siècle, laquelle satisfait le consommateur de divertissements. Ultérieurement, le développement des revues voit se manifester une critique différente, proche de ce que Kant pourrait nommer « Jugement logique ». Plus analytique – qui trouvera dans l’avènement de la Nouvelle critique ses “outils” et ses “méthodes” –, cette critique est très vite soutenue par le discours théorisant et universitaire.
Pour autant, et malgré la présence des universitaires – leur arsenal méthodologique et conceptuel, leur habilitation institutionnelle, leur crédit scientifique – le geste critique n’en demeure pas moins complexe, énigmatique, et secret.
C’est sans doute qu’il faut distinguer, très schématiquement, d’un côté l’analyse et la théorisation qui prétendrait saisir les mécanismes de l’œuvre, de l’autre le geste d’écriture critique qui procèderait, a priori, d’une appropriation principalement sensible et subjective de celle-ci.
Ce doublet génère des clivages, des ruptures, des zones de tensions, entre presse et édition spécialisée, amateurs et spécialistes des arts, entre discours scientifique et paroles « naïves »... Arbitrer cette querelle suppose de revenir sur cette histoire. Dans le dialogue vif des partis qui s’affrontent sur la nature et les effets des œuvres, la position idéologique et scientifique que le sujet observe vis-à-vis du rapport conceptuel et définitionnel de l’art et de ses manifestations s’avère décisive.
Sommairement, disons que deux tendances bornent les multiples nuances théoriques appliquées à l’œuvre d’art. Rappelons-les.
Soit le contenu de l’œuvre est accessible, soit l’œuvre est interdite. Dans l’un et l’autre cas, cet “état” de l’œuvre génère ce que l’on nommera un “conflit des interprétations”. Soit parce qu’il est admis que l’œuvre est aporétique. Soit parce que le discours critique est mis en cause via le langage.
Dans le premier cas, il est à supposer que le langage est à même “d’arraisonner” l’œuvre. Le discours critique (mais pensons le pluriel de celui-ci) conserve alors son crédit et, en conséquence, il importe d’en faire l’analyse, d’en circonscrire le mode de production, d’en saisir les règles de fonctionnement, d’interroger le langage et sa capacité à restituer quelque chose de l’œuvre. À partir de là, de fait, il sera pertinent de revenir sur les antagonismes que suscite « la critique ».
Dans le second cas, le discours critique ne rapporte rien de l’œuvre qui se dérobe perpétuellement à une ascendance linguistique à laquelle elle est étrangère. Dans le dialogue Dort-Poirot, personne n’aurait raison et, au pire, il faudrait admettre qu’il y a chez ceux qui prétendent « savoir » un abus de pouvoir, ou l’entretien d’un pouvoir usurpé. Aucune légitimité, à cet endroit, ne serait défendable. Reste que le discours critique existe. La question pourrait être de s’inquiéter de ce qu’il met en jeu.
1 Yannick Butel est membre de l’IMERA et co-dirige avec Roger Malina la thèse de Monsieur Yvan Tina inscrit en co-tutelle (Aix-Marseille/Université de Dallas). Sujet de la thèse, « Les arts et le vivant »...
Le « stade critique » – nom emblématique d’un programme né d’un doute – tentera d’apporter des réponses sur ces différents points, en privilégiant quatre directions et une question :

Les directions :
1. Un questionnement des déterminismes qu’exercent les théories esthétiques sur la construction du discours critique.
2. Une interrogation sur les pratiques d’écriture critique universitaires, et au- delà.
3. L’analyse des formes complexes et autres créations, en rupture avec le concept de Genre, qui ont conduit à re-penser les métadiscours.
4. Une interrogation sur le langage qui est le médium récurrent à la constitution des discours critiques.

La question :
La critique est-elle compatible avec une épistémologie ? Autrement dit, la critique relèverait d’un empirisme discursif où méthodologie, règles, savoirs ne seraient par les ferments de sa manifestation.

Les actions
— Médiation
La production de deux colloques, co-organisés, l’un en 2016 à Marseille, l’autre à Lyon en 2017
À la marge de ces temps publics longs (de 2 à 3 jours) qui se dérouleront pour l’un à Lyon, pour l’autre à Marseille, Olivier Neveux et Yannick Butel proposent également des temps courts (séminaires ) qui engageraient, entre autres, les doctorants de leurs laboratoires transdisciplinaires, ainsi que ceux des Ecoles Doctorales, notamment celles du Réseau Création Arts & médias, http://res-cam.com (15 écoles doctorales) auquel l’ED 354 Langues, Lettres et Arts appartient.

— Valorisation
La valorisation de ces recherches (colloques et journées d’études) se fera par une production éditoriale co-financée.
Il est envisagé de pouvoir bénéficier du soutien de Théâtre/Public et des Presses Universitaires de Provence, notamment de la revue Incertains regards et de la série « scènes » de la collection Arts. Des moyens numériques participeront également à la valorisation, à l’information et à la médiation des actions entreprises.
À ce jour, la revue Incertains Regards, déclinée sous la forme de numéros thématiques, correspond à une ligne éditoriale et scientifique recoupant les enjeux de la transversalité et de l’interdisciplinarité dans les pratiques artistiques. Il est envisagé, au regard de l’activité liée aux programmes de mettre en place des “numéros spéciaux” ouverts aux travaux conduits au sein du Lesa, valorisant le contenu des recherches menées sur la transversalité et l’interdisciplinarité. La pertinence de la publication sera évaluée par le comité scientifique et les membres du comité de rédaction de la Revue.
La production de ces numéros dits “spéciaux” se fera impérativement sous la forme de co- financement entre les partenaires et les universités inscrits dans le programme.
Coût annuel de la revue, hors numéros spéciaux : 2000 €.

Agenda 2015-2017

— Journée d’étude : 2015
Ecrire I
Université d’Aix-Marseille, LESA/ Passages 20-21
“Ce qui se passe à l’intérieur de la vue” écrivait Max Ernst.
Ce qui se passe à l’intérieur de la vue n’est pas absent de la manifestation et de la production qu’est l’œuvre – ce territoire complexe – qui le rend visible et présent, sans pour autant l’expliquer et en donner les clés sémantiques au moment de son extériorisation. La réalisation, entière ou partielle, de ce qui se passe à l’intérieur de la vue (mot qui est pris ici comme métaphore d’un régime plus vaste d’intuitions, de sensations, de facultés et d’imagination) est un espace de questionnement de la profondeur vers la surface, du dedans vers le dehors, du caché au montré...
Si l’œuvre est notre point de départ, l’idée de cette journée d’étude articulée au programme “mode de production de la pensée et du discours critique” (dit aussi Le Stade critique), entend sonder les critiques pour cette première séance.
Que se passe-t-il dans le temps de la réception d’une œuvre ? Quels sont les ponts et les passages entre un mode de sensations, la sollicitation de cette auberge qu’est la raison et une pratique d’écriture ? Comment écrit-on une critique ? En suivant quelles méthodes, quel canevas, quels lieux d’inspiration secret ou rationalisé ? En subissant quels déterminismes d’ordre idéologique, éthique, politique ? Quelles contraintes rédactionnelles, éditoriales, etc....
Comment écrit-on, à partir d’où, pour éventuellement raconter ou donner à penser quoi ?
Cette première séance associera des critiques (universitaires, professionnels de la presse, blogueur, internautes) et de manière informelle les invitera à témoigner d’une pratique d’écriture.
Avec Christophe Bident (Magazine littéraire), Christophe Triau (Alternatives Théâtrales), Monique Leroux (La Quinzaine littéraire), Olivier Neveux (Théâtre public, Les Cahiers Armand Gatti), Arnaud Maisetti et Yannick Butel (webcritique), Louis Dieuzayde (Incertains Regards), etc.
Ouvert à tous les publics, recommandé aux doctorants de la Mention Arts et ainsi qu’aux doctorants de l’Ecole Doctorale.

— Colloque 1 : 2016
Esthétiques, héritages et post-héritages : critiques
Université d’Aix-Marseille, LESA/ Passages 20-21
Il s’agit de faire l’inventaire des notions, des espaces conceptuels, des théories qui sont récurrentes au « geste critique ». Le premier colloque se conçoit ainsi comme un inventaire critique.
Baudrillard, Badiou, Rancière, Derrida, Deleuze, Lyotard, Marcuse, Dort, Duvignaud, Bourdieu, Castoriadis, Lacoue-Labarthes, Nancy, Althusser, Barthes, Foucault, Debord, Horkkeimer, Adorno... (en construction)

— Journée d’étude : 2016
Ecrire II
Université de Lyon 2, Passages 20-21/ LESA (en construction)

— Colloque 2 : 2017
Ecrire oui, mais quoi, et comment, et pour qui ?
Université de Lyon 2, Passages 20-21/ LESA
Ce second colloque mettra en avant les pratiques d’écriture qui s’appliquent à l’art. Il s’agira de partir des réalités rédactionnelles. Les intervenants seront donc des “critiques” en activité : universitaires, journalistiques, blogueurs, etc.
(en construction)